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jeudi 12 juillet 2012

Méditation : Les Cinq premières étapes.


L'une des questions les plus fréquentes qui surgissent chez les méditants débutants est quelque chose comme : " bien que je veuille établir une pratique de méditation quotidienne régulière, je commence bien au début, mais après un certain temps cela se délie et ne vient plus que de loin en plus loin. Que puis-je faire? "

Je me permets de traduire ici (avec votre indulgence), en bleu et quelques emphases colorées des propos d'Eric Solomon postés sur son blog-site whatmeditationreallyis.com en date du
24 Avril 2012 08:54 et en insérant de cette couleur verte des commentaires relatifs à la méditation avec la maladie quelle qu'elle soit et en particulier avec la SEP comme support d'éveil.  

En fait, il n'est pas si difficile de mettre en place un mode de vie habituel de méditation, mais cela prend un peu de temps à construire de manière pérenne. 

En suivant ces cinq étapes faciles, notre pratique de la méditation va progressivement devenir une habitude sans effort. Cela est Garanti ! je confirme et signe ! 


1. Obtenir l'humeur propice à la méditation dès que nous nous réveillons


 Nos premières pensées de la journée peuvent avoir une énorme influence sur notre humeur du jour. Donc, nous voulons nous poser  du côté méditatif du lit.Par conséquent, dès que nous nous réveillons, avant même de sauter hors du lit, nous pouvons réfléchir sur les qualités d'une pratique régulière de la méditation. Visualisez ou imaginez notre première séance de méditation de la journée, quand et où elle se déroulera. C'est ce qu'on appelle "créer l'ambiance de la méditation" (ou "créer l'environnement intérieur de la méditation", ceci est en effet essentiel ! Vous verrez, qu'à force, cela deviendra un réflexe, au début il faut peut être y penser, ou si vous avez un lecteur mp3 programmable en réveil endormez vous avec, par exemple, votre motivation ou votre engagement et vos souhaits pour la journée qui vont ainsi vous réveiller, puis écouter un enseignement évocateur, cela met de bonne humeur pour la journée en plus, quelles que soient les circonstances).

 2. Créer l'Habitude à mettre en place lentement

 Un des plus grands défis consiste à établir une pratique quotidienne et régulière. Les gens commencent souvent avec les meilleures intentions du monde, mais la vie semble en quelque sorte intervenir et tout à coup on peut se rendre compte qu'une semaine ou deux a passé et notre enthousiasme et notre diligence se sont complètement évaporés. Nous venons de méditer mais pas tant que ça, encore une fois ! Arrrrrgh. 

Ce qui se passait pour moi, souvent, nous dit Éric Solomon, c'est que je voulais me faire toutes sortes de promesses  telles que "je médite tous les jours pour un temps très long". 

Alors il m'arrivait de travailler pendant un certain temps et puis, lentement, de méditer pour de courtes périodes de temps ou sauter un jour par ici et par là jusqu'à ce que finalement ma pratique devienne plus quotidienne et, quand je n'avais pas trouvé le temps de méditer, j'étais assez inquiet tout le temps. 

Reconnaître la différence entre  la méditation que je voulais faire et combien j'avais pu faire, a été une étape importante. Je me comportais comme si j'étais dans un sprint, mais en fait, je courrais dans un marathon si longtemps que cela pouvait durer toute ma vie. Ce marathon tout au long de ma vie avait manifestement besoin d'une approche différente. 

Puis, j'ai commencé par prendre un engagement avec moi-même (à nouveau) "que je médite tous les jours", mais au lieu de promettre de le faire pour le reste de ma vie je m'engage à le faire "pour un certain nombre de jours".  

Je me suis également engagé "dans un certain nombre de minutes que j'étais sûr de pouvoir effectivement faire chaque jour", peu importe combien. Si j'avais plus de temps ou avais été inspiré, je pouvais faire plus, mais je n'ai jamais baissé en dessous de mon minimum. (et tout cela, notez bien, est valable pour n'importe quelle promesse, comme par exemple faire du vélo, de la natation, un sevrage ou une nouvelle habitude bénéfique à prendre.) 

Quel fut mon minimum? Deux minutes.  

Combien de jours ai-je promis de faire mes misérables deux minutes ? Trois jours.

DONC Deux minutes par jour pendant trois jours. Il n'y a personne qui ne puisse le faire. (et personnellement, avec la SEP, je recommence tout ce parcours comme dans une nouvelle vie en fait, car j'ai comme un nouveau corps, de nouvelles perceptions etc, et je peux dire que c'est devenu pour l'instant mon minimum de pratique sans support avant la torpeur neuropathique traitée par le repos, car réciter un mantra, et même refaire une Session d'Expiration-inspirations Purificatrices,  ne suffisent pas : seul le repos tête dans l'oreiller en écoutant le silence ou Rinpoché reste le meilleur support, même si observer le souffle ou une image et réciter un mantra, comme aussi observer les sensations et voir leur nature, ne sont efficace avec la SEP qu'après un réel repos et dépôts dans la Vue.) Youp, même si je ne  pouvais faire que ça.  

Au bout de trois jours j'ai pris un nouvel engagement, encore deux minutes pour trois jours (ce n'est pas plus  différent qu'une prise progressive d'un médicament auquel le corps, la parole -énergie- et l'esprit auront besoin de s'accoutumer pour rester lucide malgré tout, malgré la maladie et les traitements. NB : nos agrégats peuvent être impactés par la maladie mais notre conscience pure reste toujours claire, et la méditation, la non méditation surtout,  permet d'y demeurer même si les apparences sont autres.). 

Donc, lentement, je l'ai construit. Bientôt j'accomplisais trois minutes chaque jour pendant quatre jours. Puis cinq minutes par jour. Et ainsi de suite. J'ai augmenté la quantité lentement.  

Après un certain temps je n'ai plus eu besoin de m'engager à un certain nombre de jours. Et cela pendant plusieurs mois où je méditais tous les jours. Cette habitude a continué de croître, même après que j'ai eu un événement stressant, avec un très grand nombre d'heures par jour de travail à la Silicon Valley, nous dit encore Éric Solomon. Maintenant, je n'ai plus tellement à penser à ce point. Il a fallu des années, mais je n'ai jamais plus manqué une journée et je ne me sens pas entièrement satisfait tant que je n'ai pas fait mon minimum chaque jour. (Personnellement, j'appelle cela de la "dépendance" ou de la "dualité", mais en matière de méditation, vous verrez que cela se dépasse lorsqu'on atteint le niveau de la non méditation : quand la méditation n'est plus ce que l'on fait ou ce dont on a besoin, mais ce que l'on est, c'est à dire la non dualité méditative, le non soi ou le non ego, si vous préférez, on ne peux plus se sentir insatisfait car on a intégré naturellement cette habitude qui ne souffre plus d'aucun obstacle). 

Donc, nous commençons avec un nombre de minutes possibles de méditation où nous promettons de ne pas faire n'importe quoi. Bien que le temps de la journée puisse varier, la plupart des plus grands méditants à travers les siècles ont recommandé de méditer le matin (bien reposé, "réveillé éveillé, éveillé réveillé" comme dit Rinpoché,  pour ne pas tomber dans la torpeur due à la fatigue neuropathique, donc en méditation, surtout avec la SEP il est primordial de respecter les pauses aussi, quitte à faire des micro-siestes durant une session donnée de méditation si on médite longtemps en tant qu'ancien méditant nouvellement atteint de SEP)

Ainsi, par exemple, nous pourrions faire jusqu'à trois minutes par jour pendant trois jours, puis, pour nous assurer que nous avons le temps, régler l'alarme pour se réveiller 5 minutes plus tôt. Nous ne manquerons pas des cinq minutes de sommeil (mais se coucher 5 minutes plus tôt la veille est aussi plus sûr, avec la SEP il faut prévoir plus de repos, mais ne vous en faites pas : le temps c'est relatif voire subjectif) et nous pouvons utiliser ce temps supplémentaire pour faire nos trois minutes. 

Maintenant, nous avons un engagement de méditation et du temps supplémentaire dans notre journée pour le faire ! 

Peu à peu, nous pouvons augmenter le nombre de minutes pour lesquelles nous nous engageons à méditer et sur combien de jours l'engagement va durer. Si nous trouvons que la longueur de temps pour laquelle nous nous sommes engagés est un peu exagérée, à la fin de notre nombre de jours promis, nous pouvons ajuster le nombre de minutes à la baisse. C'est pourquoi il est bon, surtout au début, de s'engager dans notre pratique quotidienne seulement pour un nombre de jours courts (3-5) à la fois.  

Puis c'est à la fin de la période que nous pouvons renouveler notre engagement. Renforcer l'habitude de faire une promesse à soi-même que nous pouvons effectivement garder donne de l'élan positif vers une pratique de méditation au long cours. 

3. Créer un espace Cosy :

Il est important de créer un environnement que nous aimons pour s'asseoir dedans, quelque chose qui inspire notre pratique. Ce pourrait être juste un coin de notre chambre avec une simple bougie ou d'une photographie de la nature inspirante.  

Nous devrions avoir un coussin de méditation vraiment confortable ou une chaise qui nous soutient confortablement nous quand nous méditons (expérience personnelle, le meilleur coussin sepien de méditation que j'ai trouvé est la mer !).  

Le mieux est que nous aménagions un endroit spécial en réservant cet espace seulement pour notre méditation. Mais même si nous n'avons pas beaucoup de place dans notre maison (ou notre yourte ou notre caravane ou notre mobilehome ou notre keshua), nous pouvons avoir une table pliante ou un plateau de lit que nous organisons de façon inspirante pour notre pratique. L'idée est de faire une place où nous voulons passer du temps à l'intérieur et que, juste en étant assis là, cela suffise à nous ramener naturellement à l'état de méditation. 

4. Écouter un enseignement inspirant  :


Il s'agit d'un morceau (audio ou vidéo,)  de conseils que Sogyal Rinpoché répète encore et encore (voire une lecture ou une Tangkha, pardon mais je pense toujours à la surdité qui ne doit plus être un obstacle, et avec l'âge cela arrive plus vite que l'on pourrait s'y attendre).  

Aujourd'hui, il y a des causeries enregistrées encore plus incroyables sur la méditation que nous pouvons raisonnablement écouter en une seule vie. Certes, chacun de nous a un ou deux coups de cœur, qui nous permettent d'être à l'écoute et nous font entrer dans l'état de non-distraction, ou du moins nous met dans l'ambiance propre à méditer.  

Ce sont les discussions que nous devrions écouter encore et encore. Nous devrions écouter un enseignement inspirant aussi souvent que nous le pouvons. Peut-être que vous avez l'espace dans votre vie pour le faire déjà, par exemple, ce pourrait être dans le bus, dans le métro ou pendant les déplacements du matin dans la voiture, ou en faisant des tâches ménagères quotidiennes. Ceci est particulièrement utile lorsque nous sommes au plus bas ou avec une difficulté pour se motiver à méditer.

 J'ai une liste personnelle de favoris et ils fonctionnent comme un charme pour réveiller mon désir ardent de méditer. Malheureusement, je m'ennuie à écouter le même l'enseignement même le plus étonnant encore et encore et j'ai donc une immense bibliothèque de centaines d'heures d'enseignements que j'ai acquis au fil des ans à choisir. Lentement, je les fais défiler. Au moment où je reviens à un vieux favori, il y a toujours quelque chose de nouveau que je n'ai pas eu la dernière fois.

5. A la fin de la journée Célébrer et Apprécier : 


Trop souvent, nous sous-estimons les progrès que nous faisons en méditation, plutôt que de les apprécier. Nous avons immédiatement un penchant au mécontentement, en se concentrant sur tous les moyens qui nous viennent à court, plutôt que d'apprécier ce que nous avons pu accomplir. Pas étonnant que nous puissions si facilement perdre tout intérêt pour la méditation ! 

Au lieu de cela, nous pouvons construire un buzz autour de notre énergie positive de pratique de la méditation. Si nous avons le temps, nous pouvons faire une autre séance de méditation, même si ce n'est que pour une minute ou deux. Mais peu importe, cela peut même tout aussi bien être mettre notre tête sur l'oreiller pour la nuit, nous devrions nous y prendre ainsi : 

 Prendre donc quelques instants à la fin de la journée. Réfléchir sur la façon dont, en dépit d'une vie passée à courir la plupart du temps après la distraction, nous avons passé un peu de temps à méditer. Célébrer et apprécier le temps où nous avons médité. Alors, imaginons le faire à nouveau le lendemain, renouvelons notre promesse s'il est encore temps et amusons-nous !


Merci à Eric pour son témoignage d'expérience, souhaitant n'avoir pas trop déformé ses propos via ma traduction.


Puisse ce message servir au plus grand nombre comme par exemple les personnes pressées...




...même s'il est adapté aux yogi sépiens et yogini sépiennes (très occupés par la fatigue de cette maladie en plus de leur vie ordinaire laïque professionnelle sociale et familiale) qui souhaitent pouvoir surfer sur la SEP via la Méditation et transcender cet état illusoire qu'est la maladie, car cette vie duelle dans la matière chérie peut être transformée en cause ou source ou support d’Éveil, selon notre motivations et notre chemin.

Le But (l’Éveil) est le Chemin (la SEP).
Lam khyer (transformer bonheur et souffrance en Éveil).
Sagesse Eveillée Primordiale.

mercredi 11 juillet 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 12

Ainsi, l'élève intègre les paroles du maître :

XII  
JANAKA : Tout d’abord insensible aux mouvements du corps, puis insensible au déploiement des mots, et enfin insensible aux pensées, voilà comment en vérité réel est l’être. ||1||

L’absence d’émotions et l’absence de perceptions font que le cœur reste dans son intégrité, au sein du mouvement. Voilà comment en vérité réel est l’être. ||2||

Quand tout provoque notre dispersion, la vie nous pousse à l’unité, c’est cette force qu’il faut voir, voilà comment en vérité réel est l’être. ||3||

Quand renoncer et avoir n’ont plus de raisons d’être, quand n’existent plus ni exaltation ni chagrin, ô Maître, alors en vérité c’est bien ainsi que réel est l’être. ||4||

Avoir une fonction ou ne pas en avoir, méditer ou être affranchi de son activité mentale, quand on voit que ce sont des concepts, alors en vérité, c’est bien ainsi que réel est l’être. ||5||

Entreprendre une action ou bien s’en abstenir, cela provient de l’ignorance, c’est lorsqu’on est conscient, vraiment, de cette vérité qu’alors réel est l’être. ||6||

Se risquer à penser l’impensable, c’est encore épouser la forme d’une pensée. C’est en renonçant à cette fiction qu’en vérité réel est l’être. ||7||

Celui qui agira dans cette perspective pourra alors toucher au but, celui dont la nature sera telle pourra alors toucher au but. ||8||


Ainsi ont été prononcées Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 12 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 13

vendredi 6 juillet 2012

Blog Tibétain de la Vie et de la Mort

Présentation du Blog Tibétain de la Vie et de la Mort

 

Cette année, c'est l'anniversaire des vingt ans du Livre Tibétain de la Vie et de la Mort. Pour célébrer cet anniversaire de bon augure il y a un nouveau site Web intitulé Le Blog Tibétain de la Vie et de la Mort . Ce site met en vedette certains des meilleurs enseignements audio et vidéo proposés par Sogyal Rinpoché sur le livre, les témoignages des étudiants et des lecteurs de partout dans le monde, des entrevues et des histoires sur la façon dont le livre a touché la vie des gens et plus encore.
Il est en anglais, mais rien ne nous empêche d'y poster en français également. A cet effet, je vais aller y faire un tour et voir si la francophonie y a sa place.

Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort - eBook

Le livre est maintenant disponible en format électronique à partir d'un certain nombre de détaillants en ligne en États-Unis , au Royaume-Uni et l'Allemagne

Nous sommes le vendredi 6 juillet et c'est l'anniversaire de Sa sainteté le Dalaï Lama Tenzin Gyatso Rinpoché, Longue Vie Kundun ! 
Pour nous, vous rendez le chemin qui combine vacuité et compassion de plus en plus clair,
Seigneur des enseignements et des êtres du pays enneigé du Tibet,
A vous Détenteur du Lotus Tenzin Gyatso, nous prions :
Puissent tous vos souhaits être spontanéments réalisés !*
Puissions nous mettre en pratique vos enseignements dans les bardos de cette vie et le suivant, celui de la mort, et rejoindre une terre pure afin d'y parfaire pleinement notre bodhicitta pour le bien de tous les êtres sensibles.
 *prière composée en tibétain par SE Kyabdjé Dilgo Khyentsé Rinpoché, ces mots contiennent les bénédictions de sa sainteté elle-même. Sarva mangalam !

C'est aussi l'anniversaire de de Shechen Pema Gyaltsab Péma Namgyal (1871 -1926) 

Longue vie aux précieux Maîtres puissent la sagesse et la compassion sous leurs formes les plus authentiques se répande universellement.


 Une lumière dans l'obscurité
(traduction pour les étudiants Francophones)
souhaitant traduire fidèlement... cet extrait du Blog Tibétain de  la Vie et de la Mort du 5 juillet 2012, d'avance, pardon si je n'y parviens pas, mais ce que décrit Emily, est très proche de ce que j'ai vécu, ne sachant pas que j'avais la SEP, juste avant de rencontrer Sogyal Rinpoché lui-même, avant de lire son livre puisque c'est lui qui nous l'a indiqué, contrairement aux personnes qui témoignent sur ce nouveau blog concernant Le Livre
Tibétain de  la Vie et de la Mort :

Emily Horning de Suède, écrit : "Au début de 2006, j'ai reçu le diagnostic redouté que je perdrai ce qui restait de ma vue, dans un délai de temps très court. D'autres traumatismes appuyant vers le bas, j'ai succombé à la dépression. Allongée sur le plancher de bois franc, entourée par les ténèbres scandinaves épaisses, particulièrement abondante en Suède à ce moment de l'année, j'ai plaidé la question «N'ai-je pas assez souffert? S'il vous plaît aidez-moi! "Je ne savais pas de qui, ni où, cette demande tomberait dans l'oreille réceptive.

Peu de temps après, Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort est tombé sur mes genoux. Ce livre est pour ceux qui veulent vraiment se réveiller. Il est difficile de se référer à lui à comme un livre, tant il semble plus comme un miroir reflétant les vérités que nous venons au besoin de découvrir. Quand j'ai commencé à lire le texte, c'était comme si une voix résonntait du plus profond. Il ne s'agissait pas des faits ou des informations, mais une révélation de qualités innées qui avaient été cachées. Avec plus d'un tour de page, les larmes coulaient, et souvent l'impression que mon âme intérieure n'arrêtait pas de dire "Bien sûr!". La prose était directe, humoristique, poétique et simplement. La compilation des histoires, des poèmes, des anecdotes et la traversée des cultures et des époques, servant à valider ces réalisations et l'ouverture de la pensée que d'autres l'avaient précédé.

Je me sentais emplie de clarté, d'une immense gratitude, et d'un désir de rendre compte des possibilités présentées dans le livre. Mon cœur a été le chant et la dévotion montait en moi. La dévotion à tous les enseignants de compassion, qui ont généreusement transmis vers nous pour Sogyal Rinpoché, cette sagesse de telle sorte que cet être humble pourrait rencontrer un tel bijou précieux. Rapidement,  rencontrer un jour l'auteur  de ce livre que je vénère comme un maître sacré est devenu un rêve. Ce rêve est devenu réalité à Berlin, 2012. "

Longue vie à notre précieux maître et grand succès à tous sur le chemin pour l'émuler :))


Sarvamangalam!


mercredi 4 juillet 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 11

ASHTAVAKRA continue encore :
 
XI  
ASHTAVAKRA : Le passage de la non-existence à l’existence se produit de lui-même. En avoir la conscience nous soustrait aux fluctuations, nous arrache aux souffrances, et l’on atteint aisément à la sérénité. ||1||

Le créateur de tout chose est Ishvara, nul autre ici-bas ne l’est. En avoir la conscience, c’est voir en soi s’évanouir toute attente, c’est devenir toute sérénité, sans rien à quoi jamais s’attacher. ||2||

Les coups du sort et les bonnes fortunes que le temps nous apporte viennent tous du destin. En avoir la conscience, c’est être sans cesse heureux, avec ses perceptions en soi, sans jamais ni vouloir ni pleurer. ||3||

Plaisirs et déplaisirs, naissance et mort, proviennent du destin. En avoir la conscience, c’est ne plus voir de but à atteindre, c’est ne plus avoir de contrainte, c’est ne plus être affecté sans pour autant cesser d’agir. ||4||

La pensée fait naître le mal, et rien d’autre ici-bas. En avoir la conscience, c’est voir la pensée nous quitter, c’est être tranquille et serein, puisqu’en toute occasion n’existent plus de désirs. ||5||

Je ne suis pas le corps, le corps n’est pas à moi, je suis conscience. En être pénétré nous fait comme obtenir la pleine liberté, et notre esprit n’est plus alors occupé par l’action et la non-action. ||6||

En vérité l’être est tout, du simple brin d’herbe à Brahmâ. En avoir la conscience nous soustrait aux idées, nous sommes transparents, sereins, nous ne sommes plus asservis à ce que l’on obtient ou pas. ||7||

Merveille nombreuse est le monde, et pourtant il n’est rien. En avoir la conscience, c’est se soustraire à son hérédité, c’est n’être que lumière, c’est comme posséder la sérénité du rien. ||8||


Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 11 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 12

mercredi 27 juin 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 10

ASHTAVAKRA continue :

X  
ASHTAVAKRA : Quand le désir, notre ennemi, et les objets, pleins de non-sens, et notre destin ici-bas, cause des deux premiers, quand tout cela a disparu, rien nulle part ne peut capter ton attention. ||1||

Comme la magie d’un rêve qui peut durer trois jours ou cinq, regarde tout ce qui t’échoit : cadeaux, épouse, maison, richesse, terre et amis. ||2||

En quelque endroit que le désir surgisse, sache que là coule un monde éphémère. Tourné vers un détachement complet, tout désir alors disparu, tu peux atteindre à la tranquillité. ||3||

La nature d’un lien est d’être pur désir. Qu’il disparaisse, on parle alors de liberté. Le simple non-attachement au monde donne la joie de la gagner à chaque instant. ||4||

Toi seul es la conscience que rien n’affecte. Mort est ce monde, tout comme l’est le non-être. Même l’ignorance n’est rien, elle. Qu’est ce désir de connaissance qui subsiste encore en toi ? ||5||

Royaume, enfants, épouses, incarnations physiques et bonheurs, même si tu leur es attaché de tout l’être, cela est déjà mort, vie après vie. ||6||

Assez de choses, assez de désirs, assez d’actions même bien faites. Dans la jungle du monde mouvant, la pensée n’en est jamais rassasiée. ||7||

Pendant combien de vies n’as-tu pas accompli l’action avec ton corps, ta pensée, tes paroles, l’action épuisante et funeste ? Dès aujourd’hui, à cette action, mets un terme définitif. ||8||

Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 10 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 11

vendredi 22 juin 2012


Et si l'universel était une forme d'égoïsme ?
Avec l'essayiste Caroline Fourest.

Caroline Fourest et Raphaël Enthoven tentent de répondre aux questions philosophiques qui tournent autour de l'universel

Tous nos semblables sont différents... Faut-il accorder sa préférence à ce qui nous identifie les uns aux autres ou bien à ce qui nous distingue ? 

Comment souscrire à l'universel sans verser, paradoxalement, dans l'ethnocentrisme ? Est-ce aux dépens d'autrui qu'on voit en lui notre alter ego ? 

Et si l'universel était une forme d'égoïsme ?
Comment être universaliste sans se prendre soi-même pour une norme ?

Comment, à l'inverse, respecter les différences sans verser dans l'indifférence ?
 
(France, 2011, 26mn) ARTE France

En effet, Rinpoché (mon maître pardon) pas lus tard qu'hier soir nous rappelait que se focaliser seulement sur la nature de l'esprit et sur sa réalisation absolue nous coupait du relatif et donc les maîtres de folle sagesse (comme  lui aussi donc) travaillent avec nous principalement sur le relatif, en mettant des battons dans les roues de notre ego (pas de nous).   
Et personnellement, je trouve que la SEP en fait partie comme moyen habile face à l'ego (toujours destructeur) afin de le révéler (révéler nos tendances karmiques nocives pour l'éveil complet) et nous permettre de le purifier. C'est comme dit il habituellement "faire sortir le jus de chaussette pendant la lessive, ensuite on rince à grande eau et là c'est purifié".

Bref le maître de folle sagesse fait sortir notre jus de chaussettes sales, c'est un des moyens habiles relatifs de la pratique, issus de la philosophie et psychologie bouddhique (les Abbhidharma). 

Cela rejoint tout à fait ces préoccupations : travailler sur soi avant de prétendre pouvoir améliorer le monde qui nous entoure.

  http://videos.arte.tv/fr/videos/philosophie-6737542.html
Rassembler plutôt que ressembler
Droit à l'indifférence plus qu'à la différence

Où Commence l'universalisme et
où commence l'impérialisme ?

Où commence la bienveillance
et où commence l'ingérence ?

 L'universel n'est pas manichéen ni moraliste.

mercredi 20 juin 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 9

ASHTAVAKRA continue :


IX  
ASHTAVAKRA : Action et non-action, et toutes les dualités, quand cessent-elles, et pour qui ? Comprends que ces questions ne viennent pas du savoir. Reste au-delà du désir et du renoncement. ||1||

Heureux celui, mon fils, en qui la simple observation des affaires humaines a mis un terme à son triple désir: la vie, l’amour et le savoir. ||2||

Éphémère est ce monde, affecté par ces trois douleurs, c’est un objet sans valeur qu’il faut abandonner. Quand on a vu cela, on atteint la sérénité. ||3||

Qu’est-ce qu’un temps et qu’est-ce qu’un âge où les dualités n’existent plus pour l’homme ? Quand on renonce à ces dualités, on vit au fil de chaque instant, on peut atteindre alors au terme ultime. ||4||

Diverses sont les pensées des Rishi, des ascètes et des sages. Quel homme, en percevant cette diversité ne dépasse pas le savoir pour atteindre à la sérénité ? ||5||

Quand on a fait le tour des apparences, est-ce que l’on n’est pas un maître au regard de l’esprit, puisqu’on s’est affranchi du mouvement des choses par le détachement que donnent une vision égale et le dépassement du savoir ? ||6||

Vois que les formes des choses ne sont que les choses, et réellement rien d’autre. Alors en un instant libéré de tout lien, tu seras dans ta vraie nature. ||7||

Tout ce qui nous habite n’est que réalité mouvante. N’en retiens aucune parcelle. C’est du renoncement à tout ce qui t’habite que provient le renoncement à la réalité mouvante. N’existe plus alors que l’énergie de l’être. ||8||

Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 9 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 10

mercredi 13 juin 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 8

ASHTAVAKRA  répond à son élève :


VIII  
ASHTAVAKRA : On est prisonnier quand la pensée veut ou pleure, renonce ou prend, bondit de joie ou enrage. ||1||

Mais on est libre quand la pensée ni ne veut ni ne pleure, ni ne renonce, ni ne prend, ni ne bondit de joie, ni n’enrage. ||2||

On est prisonnier quand la pensée s’attache au vécu, mais on est libre quand la pensée se détache de chaque chose perçue. ||3||

Lorsque le moi n’existe pas, on est libre, mais quand le moi existe, on est prisonnier. Quand on comprend cela, c’est véritablement un jeu que de ne pas avoir à renoncer ou à prendre. ||4||


Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 8 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 9

mercredi 6 juin 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 7

JANATAKA continue :

VII
JANAKA : Mon être est océan sans fin, en lui les sédiments du monde vont et viennent, au gré du vent de leurs propres limites, mais mon être n’en subit pas le poids. ||1||

Mon être est océan sans fin, en lui les vagues de la vie, par leur nature propre, déferlent ou se résorbent, mais pour mon être il n’est ni marée ni reflux. ||2||

Mon être est océan sans fin, en lui existe une fiction qu’on appelle le monde, et c’est avec une sérénité totale, soustrait à toute forme, que mon être l’habite. ||3||

La conscience n’est pas dans les formes, pas plus qu’il n’existe de forme pour la conscience qui est sans fin, que rien n’affecte. Aussi est-ce sans attaches, sans désirs et tranquille, que mon être est présent au monde. ||4||

Mon être n’est que conscience, le monde est un fantasme pour mes sens. Aussi, pour mon être, comment et où existerait l’idée de renoncer et d’avoir ? ||5||


Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 7 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 8

mercredi 30 mai 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 6

JANAKA répond à son maître lui offrant le fuit de sa méditation :

VI
JANAKA : À l’égal de l’espace, sans limites est mon être, à l’égal d’une jarre, le monde est limité, telle est la connaissance, aussi pour elle s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir. ||1||

Mon être est océan, les formes en sont les vagues, telle est la connaissance, aussi pour elle s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir. ||2||

Mon être est une perle, l’univers en est le reflet d’argent, telle est la connaissance, aussi, pour elle, s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir. ||3||

Dans tout ce qui existe est mon être, et dans mon être est tout ce qui existe, telle est la connaissance, aussi pour elle s’immerger dans la conscience, ce n’est ni renoncer ni avoir. ||4||


Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 6 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 7

mercredi 23 mai 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 5


ASHTÂVAKRA SAMHITÂ à son élève JANAKA :


V
ASHTAVAKRA : Tu n’as d’attache avec rien au monde. Vierge de toute chose, à quoi veux-tu renoncer ? C’est en brisant l’opacité du corps que tu t’immergeras dans la conscience. ||1||

C’est de toi que naît l’univers comme de l’océan l’écume, telle est l’unité de ton être. C’est en sachant cela que tu t’immergeras dans la conscience. ||2||

L’univers, pourtant visible, ne provient pas d’une réalité, il n’a pas de réalité en toi, que rien n’affecte, il apparaît comme le serpent dans la corde, aussi immerge-toi dans la conscience. ||3||

C’est lorsque souffrance et bien-être seront pour toi égales, car tu es plénitude, lorsque désillusion et espoir seront pour toi égales, égales aussi la vie et la mort, que tu t’immergeras dans la conscience. ||4||


Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 5 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 6

mercredi 16 mai 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 4


IV
JANAKA : Oh ! oui, celui qui se connaît avec clarté, qui joue parce que les formes sont un jeu, on ne peut pas le comparer aux hommes abusés rouleurs accablés du flot universel. ||1||

L’état que tous les dieux, Indra en tête, se donnent tant de mal à gagner, l’homme éclairé, bien sûr, s’y trouve sans tomber dans l’exaltation. ||2||

Qui connaît cet état n’est pas touché en lui par le bien et le mal, tout comme le ciel, malgré les apparences, n’est pas touché par la fumée. ||3||

Conscience, en vérité, est tout cet univers. L’âme qui sait cela, qui pourrait entraver son action naturelle ? ||4||

Dans le foisonnement de tout ce qui existe, du dieu Brahmâ au modeste brin d’herbe, l’homme éclairé, en vérité, est seul à avoir la capacité de s’affranchir du désir et de son contraire. ||5||

L’être n’est pas duel. Celui qui sait que l’être est le seigneur du monde, ce qu’il sait, il le fait, jamais pour lui la peur n’existe. ||6||


Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 4 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 5

vendredi 11 mai 2012

Pouvoir de la Dévotion

Gambopa, le plus grand disciple de Milarépa, lui demanda au moment de leur séparation : « Quand le temps sera-t-il venu pour moi de commencer à guider des étudiants ? » Milarépa lui répondit : « Lorsque tu seras différent de ce que tu es maintenant, lorsque ta perception tout entière se sera transformée et que tu seras capable de voir, réellement voir, ce vieil homme devant toi comme rien de moins que le Bouddha lui-même, lorsque la dévotion t'aura amené à cet instant de reconnaissance, ce sera le signe que le temps est venu pour toi d'enseigner. » 

C'est ma dévotion envers mes maîtres qui me donne la force d'enseigner, ainsi que l'ouverture et la réceptivité pour apprendre et continuer à apprendre. Dilgo Khyentsé Rinpoché lui-même ne cessa jamais de recevoir humblement les enseignements d'autres maîtres, souvent même de ceux qui étaient ses propres disciples. Ainsi, la dévotion, qui procure l'inspiration nécessaire pour enseigner, est aussi celle qui donne l'humilité de continuer à apprendre.

Sogyal Rinpoché dans
Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche
chapitre 9,
page 272

mercredi 9 mai 2012

Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 3

Ayant reçu ses réflexions et le fruit de sa méditation ASHTÂVAKRA SAMHITÂ répond à son élève JANAKA :

III
ASHTAVAKRA : Étranger à la mort est l’être, et lui seul. Si tu perçois cela vraiment, tu te connais avec clarté. Pourquoi ce malin plaisir de céder aux objets ? ||1||

C’est par méprise sur soi-même que l’on fait son miel des objets trompeurs, tout comme on convoite l’argent là où l’on se méprend sur la perle. ||2||

Ce en quoi l’univers tout entier resplendit, comme des vagues sur la mer, c’est l’être. Sachant cela, pourquoi courir, l’âme en peine ? ||3||

Et l’on a beau entendre dire que l’être est toute conscience, d’une beauté surnaturelle, on demeure, plus qu’à tout, attaché au sexe, et l’on succombe alors à tout ce qui affecte. ||4||

Tout à la fois, l’être est dans tout ce qui existe et tout ce qui existe est dans l’être. Aux yeux du sage qui le sait, comme il est singulier qu’on demeure attaché à son moi. ||5||

Tout entier concentré sur l’état non-duel, ou même simplement attaché tout entier à la libération, comme il est singulier qu’on soit encore au pouvoir du désir et qu’on soit délabré par les jeux de l’amour. ||6||

Quand on sait, tout épuisé qu’on est, que le désir est ennemi de la conscience, comme il est singulier qu’on y succombe encore jusqu’à son dernier souffle. ||7||

Quand on est détaché de ce monde ou de l’autre, et qu’on sait discerner le permanent du fugace, comme il est singulier qu’en voulant la libération, on tremble devant elle. ||8||

Mais l’homme éclairé, ou accablé ou comblé, ne percevant, toujours, partout, que son être, n’éprouve ni joie ni chagrin. ||9||

Son propre corps en mouvement, il le perçoit comme le corps d’un autre. Dans la louange et dans le blâme, comment tremblerait-il dans son âme immuable ? ||10||

On perçoit l’univers comme un simple fantasme, quand tout désir a disparu. Si même alors la mort est là, comment frémir de peur avec des pensées claires ? ||11||

Celui dont la pensée est vide de désirs, même à l’égard du non-désir, cette âme magnifique qui tire son bonheur de sa propre conscience, à quoi la comparer ? ||12||

Quand on sait, par sa propre nature, que le visible n’est rien, est-ce que l’on perçoit encore, avec des pensées claires, que ceci est à prendre et cela à laisser ? ||13||

Quand tout désir, en soi, a disparu, qu’on est soustrait à la dualité, qu’il n’y a plus d’attente, tout ce que l’on perçoit au fil de l’existence ne devient jamais un objet ou de joie ou de peine. ||14||


Ainsi ont été prononcées
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 3 -
d'
ASHTÂVAKRA SAMHITÂ avec son élève JANAKA

à la semaine prochaine pour
Les Paroles du Huit Fois Difforme - acte 4

dimanche 6 mai 2012

IMPERMANENCE ET CHANGEMENT

Il est dit que les dieux vivent dans un faste éblouissant, se délectant de tous les plaisirs imaginables, sans accorder l'ombre d'une pensée à la dimension spirituelle de la vie. En apparence tout se déroule pour le mieux, jusqu'au moment où la mort approche et où commencent à apparaître les signes inattendus du déclin. Alors, les épouses et les bien-aimées des dieux n'osent plus les approcher ; elles se contentent de leur jeter des fleurs de loin, tout en faisant quelques prières distraites afin qu'ils renaissent dans le royaume des dieux. Aucun de leurs souvenirs de bonheur ou de bien-être ne peut les préserver de la souffrance qui les assaille ; ils ne font, au contraire, que la rendre plus cruelle. Leur dernière heure venue, les dieux périssent donc ainsi, seuls et dans la détresse.

Le sort des dieux me rappelle la façon dont sont traités aujourd'hui les malades, les personnes âgées et en fin de vie. Notre société vit dans l'obsession de la jeunesse, du sexe et du pouvoir, et nous fuyons ce qui évoque la vieillesse et la décrépitude. N'est-il pas terrifiant que nous abandonnions ainsi les personnes âgées lorsque leur vie active est terminée et qu'elles ne nous sont plus d'aucune utilité ? N'est-il pas alarmant que nous les mettions à l'écart, dans des maisons de retraite où elles meurent seules et oubliées ? 

Sogyal Rinpoché, dans :
Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche
Cf. chapitre 1, page 40





Nous vivons ans un monde en perpétuel changement.

Nous avons la chance de nous affranchir de la réalité relative des karma de souffrances et de nous organiser grâce à l'informatique en communautés de patients qui prennent leurs situations en main grâce à l'entraide comme l'indique le compte rendu de la rencontre du premier anniversaire de Carenity.


si votre navigateur ne vous permet pas de voir la vidéo en entier (cadrage décalé ou tronqué) cliquez sur son titre pour la regarder depuis Youtube. Merci.

L'intermède de cette Vie


Maintenant que le bardo de cette vie se lève pour moi,
J'abandonne la paresse, pour laquelle la vie n'a pas de temps,
J'aborde sans distraction le chemin de l'écoute et de l'entente,
de la réflexion et de la contemplation, et de la méditation,

Faisant des perceptions et de l'esprit le chemin, je réalise les « trois kayas », l'esprit d'éveil
.

Maintenant que j'ai obtenu un corps humain,
L'esprit n'a plus le temps d'errer sur le chemin.
PADMASAMBHAVA.
Cf. Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche
chapitre 8, page 227


Reconnaissez sans cesse le caractère onirique de la vie et réduisez attachement et aversion. Cultivez la bienveillance envers tous les êtres. Soyez emplis d'amour et de compassion, quelle que soit l'attitude des autres envers vous. Ce qu'ils vous font aura une moindre importance si vous le voyez comme un rêve. La clé est de conserver une intention positive durant le rêve. C'est là le point essentiel, la spiritualité authentique. »

CHAGDUD TULKU RINPOCHÉ 
Cf. Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort
Nouvelle édition augmentée
, Le Livre de Poche

Cf. chapitre 3, page 92